Audacieux une fois de plus, les Britanniques montrent l’exemple.
D’abord, ils ont mis sur pied les mesures structurelles indispensables pour enrayer la promotion du tabagisme (interdiction de la publicité, taxation du produit, campagne d’information).
Ensuite, ils ont montré une très belle ouverture en incitant au vapotage les fumeurs et fumeuses qui ne réussissaient pas à quitter le marché du tabac, appliquant le principe de prévention «Si un fumeur ne parvient pas à arrêter de fumer, il est préférable de passer au vapotage pour prévenir et éviter les nombreuses maladies dues au tabac.»
Et maintenant, comme l’a relaté la RTS – Radio Télévision Suisse, ils ont l’audace de faire possiblement le pas le plus important: favoriser les futures générations sans tabac.
Cette mesure, critiquée par l’industrie du tabac (on s’y attendait!), présente certes une mise en œuvre complexe, mais elle ne doit pas pour autant constituer un obstacle rédhibitoire.
En 1999 (déjà!), la Banque mondiale a publié une étude majeure, Curbing the Epidemic*, démontrant que la lutte antitabac génère des bénéfices sur le plan sanitaire sans nuire à l’économie. Cette publication a affaibli les arguments économiques des multinationales du tabac et a soutenu la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT). L’industrie du tabac a (bien sûr!) tenté de discréditer ce rapport. Ses manœuvres ont échoué et il reste une référence incontournable.
Avant que la réunion pour cette étude prenne ses quartiers à Washington, les discussions ont démarré à Lausanne, avec le Dr Prabhat Jha, fondateur du Centre de recherche sur la santé mondiale à l’Hôpital St. Michael’s de Toronto et le Pr Fred Paccaud de L’Unil. Alors jeune chef de clinique, j’ai eu la chance d’assister à ces travaux préparatoires. Un moment fort dans mon parcours professionnel.
*Curbing the Epidemic: Governments and the Economics of tobacco control, 1999